Filles-mères et assistance publique en Deux-Sèvres (1904-1944) – Marie-Danièle Lenne

Marie-Danièle Lenne

Marie-Danièle Lenne est titulaire d’un Master 2 d’Histoire et recherche de l’Université d’Angers, d’un Master 2 de Sociologie et Ethnologie et d’un Diplôme Universitaire de Responsable de Formation. Ancienne enseignante vacataire à l’Université d’Angers, (IUT Carrières sociales) et Assistance Sociale à l’Education Nationale, elle est depuis peu retraitée. Son domaine de recherche concerne principalement l’histoire de l’enfance, des femmes au xixe et xxe siècle et des politiques sociales, éducatives et économiques qui s’y rapportent. Elle est adhérente à la SHAAPT (Société d’Histoire, des Arts et d’Archéologie du Pays Thouarsais) pour laquelle, elle a effectué des conférences. Ce livre est issu de son mémoire de master d’Histoire.

Entre 1904 et 1944, 700 enfants, environ, sont recueillis chaque année par l’Assistance publique des Deux-Sèvres. La grande majorité d’entre eux sont des enfants abandonnés et illégitimes. Leurs mères désignées par le vocable « fille-mère » sont jeunes et sont elles-mêmes « abandonnées » : rejetées par leurs familles, congédiées par leurs patrons, délaissées par le père de l’enfant… Les inspecteurs du service des enfants assistés, fonctionnaires et serviteurs de la Troisième République, forts de leur conviction d’oeuvrer pour le « bien public » vont, par leur politique d’assistance, tenter de réduire le nombre d’abandons en proposant les secours votés dans le cadre de la loi du 27 juin 1904 et ainsi agir pour le redressement moral de la fille-mère. Considérées par la société comme de « pauvres filles » ou filles aux « moeurs légères », elles subissent l’opprobre. Leurs courriers adressés à l’inspecteur révèlent une toute autre réalité. Ignorantes de la loi, elles sont cependant sûres de leur droit de mère et vont parfois même tenter de le faire valoir, en contestant certaines décisions de l’inspecteur.

Filles-mères et assistance publique en Deux-Sèvres (1904-1944) – Marie-Danièle Lenne Lire la suite »

Michel Ragon – Les livres de ma terre

Michel Ragon, né en 1924, grandit dans une famille paysanne de Vendée. Arrivé à 14 ans à Nantes avec sa mère veuve, il quitte l’école pour exercer différents petits métiers tout en étant passionné de littérature et de poésie. En 1945, il s’installe à Paris où il alterne toutes sortes d’emplois alimentaires et multiplie les rencontres à la fois avec le milieu littéraire et artistique de la capitale mais aussi avec les écrivains prolétariens dont il se sent très proche. Passionné d’art abstrait, il rejoint aussi le groupe COBRA et s’improvise critique d’art pour des revues. 

Michel Ragon, à partir du milieu des années 1960, ne cesse de publier sur ses nombreux sujets de prédilection que sont la littérature prolétarienne, l’anarchisme, l’art abstrait, l’architecture, l’histoire de l’art. Engagé comme conférencier pour le Ministère des Affaires étrangères, il devient par la suite professeur à l’Ecole des arts décoratifs. Egalement romancier, il publie des romans à succès autour de sa Vendée natale, notamment.

Il meurt le 14 février 2020, à l’âge de 95 ans.

Les Livres de ma terre

Personne ne peut oublier l’image de Dochâgne, mussé dans le vieux chêne d’un pays dévasté. 1796, en Vendée. Après le cataclysme de la guerre, les survivants recommencent l’histoire du monde, les individus s’associent, de nouvelles familles se forment, le cycle des saisons et l’histoire continuent. C’est ainsi que les hommes vivent… Ils ont nom ici Tête-de loup, Chante-en-hiver, la petite Louise, le curé-Noé… Michel Ragon s’est fait historien et ethnographe pour retrouver dans Les Mouchoirs rouges de Cholet, l’histoire véritable de sa terre, irriguée par le sang de la misère, les passions des hommes, leurs croyances indispensables. A travers les cinq livres réunis dans ce volume, il s’acquitte de la dette dont le romancier qu’il est devenu se sent redevable : restituer la mémoire des siens, de tous les siens – ceux d’un monde oublié, ceux de la génération qui l’a précédé, ceux qu’il a lui-même croisés. Ils sont tous là dans ce bel ensemble salué à son commencement par Henri Queffélec comme une  » recherche du temps perdu de la Vendée  » et qui apparaît aujourd’hui comme un pan entier de notre mémoire collective.

Les mouchoirs rouges de Cholet

Editions Albin Michel 1984.
Grand prix des lectrices de Elle.
Prix de l’académie de Bretagne.
Prix Alexandre Dumas.

Il était une fois un chêne, un gros vieux chêne et dans le tronc de ce chêne, se tenait mussé un homme. Si parfaitement intégré à l’arbre, dont il avait d’ailleurs pris la couleur grise, si incrusté dans le creux du bois, souvenir d’une déchirure d’orage, que personne n’eût imaginé que ses membres, qui parfois se détachaient du tronc pour se désengourdir, eussent pu appartenir à une autre espèce que végétale.

La louve de Mervent

Editions Albin Michel 1985.
Livre de poche 1987.

En ce temps là, alors que les vieux démons de la nuit et de l’ignorance semblaient dévorés par les loups, alors que les loups eux-mêmes reculaient avec les forêts défrichées, que la paix sociale étendait les rameaux de ses bienfaits, des bandes de chouans, surgies on ne savait d’où, comme nées par maléfices dans une terre encore mal labourée, des bandes de chouans réapparurent, anachroniques, fantomatiques, invraisemblables.

Le cocher du Boiroux

Editions Albin Michel 1992.
Livre de poche 1994.

Un roman nimbé de mystères et d’angoisses au cœur du marais vendéen.

Ce vouvoiement renvoya Monsieur Henri à sa fonction de maître. Clovis et lui se tutoyaient jadis. Pourquoi Clovis le rejetait-il ainsi de leur enfance ? Pourquoi prenait-il cet air obséquieux qu’il ne lui connaissait pas ? Tout était gris, la jument, Clovis, la voiture, la campagne alentour. Tout était gris et triste, de cette tristesse qui sourd de la monotonie des choses et des êtres

L’accent de ma mère

Editions Albin Michel, 1980.Livre de poche, 1983.
Plon, 1989.

Pendant trente ans, ma mère m’a écrit chaque semaine, me racontant son ennui, ses maladies, ses malaises, c’est-à-dire son inquiétude dont j’étais toujours l’objet. Je n’avais jamais remarqué que ma mère parlait avec cet accent paysan de l’Ouest. Parce que je l’avais perdu. Remontant à mes sources, j’ai recherché mon identité ancestrale et culturelle, cette expression populaire, qui se trouvait derrière l’accent de ma mère.

L’accent de ma mère m’a permis de rassembler ces deux mondes auxquels j’appartenais et de retrouver l’unité entre les deux hommes qui les habitaient. Par la même occasion, il m’a fait basculer dans une aventure dont je ne suis pas encore sorti : je suis devenu romancier.

Ma sœur aux yeux d’Asie

Editions Albin Michel 1982.
Livre de poche 1886.

Ma sœur aux yeux d’Asie, c’est en fond de décor l’Indochine d’avant 1914, colonie du mou, du visqueux, de la fièvre et des moustiques, colonie des congaïs que l’on achète et que l’on abandonne en leur enlevant leur enfant…

C’est aussi l’opposition de deux cultures qui, dans le métissage dégénère en tragédie.

En savoir plus : Michel Ragon libertaire

Michel Ragon – Les livres de ma terre Lire la suite »

Corps expéditionnaire russe – Le périple de la 1ère brigade spéciale d’infanterie

Après les accords de décembre 1915 avec la France, le gouvernement impérial russe met sur pied quatre brigades d’infanterie, fortes de 44 000 hommes, réparties en huit régiments spéciaux pour venir en aide à l’armée française.
Les 1ère et 3ème, brigades (généraux Lochwitsky et Maruchevski), arrivent au printemps 1916 en France.
Les 2ème et 4ème, brigades débarquent à Salonique pour se battre sur le front d’Orient. Elles serviront jusqu’à leur dissolution en janvier 1918.

La 1ère Brigade

La 1ère brigade est formée de volontaires de Moscou pour le 1er régiment et de Samara pour le 2éme régiment. Les brigades sont formées essentiellement de bataillons de réserve, c’est à dire des hommes n’ayant pas subi leur baptême du feu. Chaque unité est composée de 3500 hommes. Les cadres subalternes et les soldats sont choisis parmi les volontaires sachant lire et écrire.

1er régiment :

La sélection du 1er régiment s’est faite sur des critères physiques comme dans la garde où une certaine uniformité était recherchée. Les engagés devaient être châtains et avoir les yeux gris. La plupart savent lire et écrire. Les officiers viennent de la garde ou de la ligne et la quasi-totalité parle français. Le 1er régiment est essentiellement composé d’ouvriers d’usines.

2ème régiment :

Les hommes du 2ème régiment devaient être blonds aux yeux bleus, tous âgés entre 21 et 25 ans, Le 2ème régiment spécial est composé de 12 officiers, de 3 chefs de bataillons et d’un commandant, tous étant de carrière, volontaires et sachant parler le français. A leur arrivée, cet effectif sera complété par des officiers subalternes français parlant russe au nombre de 73. Le 2ème régiment est composé de paysans.

Le voyage

L’ordre de départ est donné le 10 janvier 1916. Commence alors, sous la neige l’aventure de la 1 ère brigade. Elle se met en route, depuis Moscou pour le 1er régiment et depuis Samara sur la Basse Volga pour le 2ème régiment. Les troupes sont dépourvues d’armements lesquels devaient être fournis par la France à l’exception des piquets d’honneur auxquels sont attribués quelques fusils de la guerre russo-turque.

Les deux régiments vont entamer un périple d’environ trois semaines, traversant en train l’Empire Russe des étendues glacées de la Sibérie jusqu’aux côtes du Sud de la Mandchourie, territoire japonais depuis la guerre russo-japonaise (1904-1905), soit un périple de 6500 km. Au départ de Samara, les hommes de troupe montent dans des trains à marchandises, nommée « Teplouchkas » alors que les officiers empruntent un vieux « Pullman » 2ème classe. Les wagons serviront aux hommes et officiers d’habitat pendant une vingtaine de jours allant des rives de la Volga jusqu’au port de Daïren.
A Irkoustsk, le train s’arrête deux jours avec des températures glaciales à –53°C. Les hommes peuvent alors se réchauffer dans un restaurant où ils étonnent par leur mode de paiement : de la poudre d’or. En effet, un chèque du Crédit Lyonnais payable au porteur pour la somme d’un million de francs-or était alloué au 2ème régiment afin de couvrir les frais de représentation de celui-ci.

Le train fait une halte également à Kouantchédzé, aux confins de la Mandchourie, afin de prendre un train japonais. Le confort de ces derniers semble être un peu plus précaire, les wagons étant froids et sans feux. Les officiers, malgré leur voiture américaine se retrouvent également dans des wagons glaciaux et inconfortables. La traversée du territoire japonais impose quelques contraintes et notamment l’obligation pour les officiers de descendre 3 ou 4 fois pour être reçus par des officiers japonais. Les japonais avaient pris toutes les mesures nécessaires pour cacher le convoi aux espions allemands. D’ailleurs, il était interdit aux soldats d’ouvrir les portes des wagons ainsi que de montrer leur tête à la lucarne.

Le 28 février 1916, la brigade arrive à Daïren. Le 1er régiment est le premier à lever l’ancre le lendemain avec deux navires : le « Latouche-Tréville » et « l’Himalaya ». Sur le premier navire, embarquent une partie du 1er régiment avec l’État-Major.

Ces navires les mèneront des rives froides de la mer de Chine aux fournaises de l’Océan Indien puis à la Mer Rouge. Quelques escales leur permettent d’entr’apercevoir des territoires et peuples peu connus comme Saigon, Hong Kong et Singapour. Après les températures extrêmes du Canal de Suez, la Méditerranée est plus clémente. Après 50 jours d’aventures, le premier régiment voit se dessiner à l’horizon les côtes de la France.

Trajet du corps expéditionnaire russe en 1916

Le 2ème régiment quant à lui ne part que le 30 février de Daïren avec le « Sontay » (paquebot mixte de 12 000 tonnes). Il traverse la Mer Jaune jusqu’au détroit de Formose, Tchossima et s’arrête à Singapour le 9 mars 1916 où il défile avec une chaleur insupportable. Hélas, l’escale se prolonge, la troupe attendant les torpilleurs russes qui doivent la convoyer car la rumeur court que les Allemands prévoyaient une attaque pour les envoyer par le fond.
Le 2ème régiment fait également escale dans la baie de Nicobar à mi-chemin entre Singapour et Colombo. Il s’arrête à Colombo le 19 mars 1916 où une foule acclame les soldats.
Après sept jours de fournaise dans la Mer Rouge, le « Sontay » entre dans le Canal de Suez. Le navire doit attendre trois jours dans le lac Ismaïl en compagnie du navire géant « ville de Paris », transformé également en transport de troupe. Cette attente est due à la crainte d’une attaque turque. Enfin, le « Sontay », convoyé par trois torpilleurs français rentre en Méditerranée.

Le 15 avril 1916, il entre dans le vieux port de Marseille. Une foule importante accueille les soldats russes.

Le Général Joffre est également présent pour souhaiter la bienvenue aux Russes :

« Notre fidèle allié, la Russie, dont les armées combattent déjà si vaillamment contre l’Allemagne, l’Autriche et la Turquie, a voulu donner à la France un gage nouveau de son amitié, une preuve plus éclatante encore de son dévouement à la cause commune.
Des soldats russes choisis parmi les plus braves et commandés par les officiers les plus réputés, viennent combattre dans nos rangs. Vous les accueillerez comme des frères ; vous leur montrerez quelle chaude sympathie vous réservez à ceux qui ont quitté leur patrie pour venir lutter à nos côtés.

Au nom de l’armée française, je souhaite la bienvenue aux officiers, sous-officiers et soldats des troupes russes débarquées en France. Je m’incline devant leurs drapeaux, sur lesquels s’inscriront bientôt les noms glorieux de communes victoires. »

Général Joffre

A peine débarqués, les Russes perçoivent, leurs armes distribuées par des soldats coloniaux.

Après avoir perçu 2 fusils sans chargeur, les soldats vont rejoindre leurs camarades déjà alignés et leur remettre leur arme. Les coloniaux chargés de la distribution sont des Martiniquais.
Archives CERFS. Crédits photographiques A. TIESENHAUSEN.

Les régiments gagnent à pied le camp Mirabeau. Le lendemain 21 avril, le premier régiment défile devant la population marseillaise avec son drapeau au côté duquel marche le Général LOKHVITSKY.
Le lendemain de la fête orthodoxe de Pâques, les soldats russes prennent le chemin pour le camp de Mailly avant de rejoindre le front.

Image d’en tête :
Défilé de la 1ère Brigade russe dans les rues de Marseille. Avril 1916. Photographe : Albert Moreau. ECPAD

Corps expéditionnaire russe – Le périple de la 1ère brigade spéciale d’infanterie Lire la suite »

L’irruption de Nicolas Ouchatinsky dans mes recherches généalogiques

1er trimestre 2020. Depuis plusieurs mois mon frère, ma sœur et moi sommes accaparés par la santé de notre maman. Elle a un cancer. Nous savons que cette fois ci elle ne va pas s’en sortir. Hôpital, entretien avec les médecins, transport à l’Ehpad à Poitiers. Son état se dégrade à toute vitesse.
A Angers, notre tante lutte elle aussi pour prolonger sa vie.
Depuis début décembre, j’ai quitté ma vie de travail, je suis en période intermédiaire en attendant de basculer dans ma nouvelle vie de retraité, fin février.
Les événements vont se bousculer :

  • 15 février : décès de notre maman
  • 28 février : départ en retraite
  • 9 mars : décès de notre tante
  • 20 mars : début du confinement en raison de l’arrivée du Covid dans nos vies.

Lors de l’une de ses visites au cimetière de Thouars où ont été inhumés nos grands-parents et nos parents, mon frère découvre la tombe de Nicolas Ouchatinsky.
Lors des premiers jours du confinement il m’envoie les photos qu’il a prise de sa tombe.

Qui était-il ce soldat russe décédé en 1919 ? Pourquoi était-il et pourquoi est-il mort à Thouars ?
Sur la stèle il est indiqué :

  • Soldat russe du 2ème Régiment d’infanterie
  • Tué en service de manœuvre à la gare de Thouars
  • Décédé le 16 janvier 1919 à l’âge de 23 ans
  • Regretté de tous ses camarades

Sur le portail culturel du Ministère des Armées
« Mémoire des Hommes » dans la base des sépultures de Guerre une fiche existe à son nom :

Il existe également une fiche à son nom sur le site Place Note

Nicolas OUCHATINSKY
Николай Ушатинский en russe
Indications en russe :
Место захоронения: Туар, военное каре коммунального кладбища, Пуата-Шаранта
Полк: Poitou-Charentes
Дополнения: умер на вокзале
ФИО Aнглийский: Ouchatinsky Nicolas

Traduction :
Lieu de sépulture : Thouars, Carré militaire du cimetière communal, Poitou-Charentes
Ajout : Décédé à la gare
FIO Anglais : Ouchatinsky Nicolas


Indications en français
Date de décès :16.01.1919
Catégories : Légionnaire, Membre du Première Seconde Guerre mondiale, Soldat

Sources : boris.auchat.ru

Le site boris.auchat.ru (en russe) est intitulé :
Histoire personnelle du monde russophone
Le site est dédié à l’histoire du monde russophone en termes de participation aux événements de personnalités spécifiques, qu’ils soient princes ou simples paysans.
Il est composé de listes, de documents versés par plusieurs contributeurs.
Parmi ces fichiers nous retrouvons la source de la fiche concernant Nicolas Ouchatinsky :
Liste des Russes inhumés en France en 1914-1918, prisonniers de guerre et soldats du Corps expéditionnaire russe
Cette liste a été établie le 13décembre 2010 par Elena Naumova.
Elle comprend des prisonniers de guerre, des soldats du corps expéditionnaire, des soldats de la Légion russe, et d’autres qui sont morts dans les entreprises de travail.

Nous sommes sur la piste de soldats russes venus combattre en France aux côtés des poilus pendant la 1ère guerre mondiale.

L’irruption de Nicolas Ouchatinsky dans mes recherches généalogiques Lire la suite »

L’album de cartes postales d’Alex

« Est-ce que le pick to light est préférable au vocal ou à l’utilisation de simples terminaux code barre ? Comment les salariés vont ils s’adapter à ces nouveaux outils ? »« Cette plante est-elle une centaurée des prés ? … Des centaurées il en existe de nombreuses variétés, des vivaces, des annuelles… Elle font partie de la famille des astéracées… Le Bleuet est une centaurée… »« Le voyage au Kilimandjaro, inoubliable… mais j’ai cru que je n’arriverai pas en haut… Le manque d’oxygène… On monte… puis on redescend… pour s’adapter… 

Oui mais toi, tu es un sportif, tu cours, des marathons, des 100 kilomètres… tu es entrainé… »Et puis, un jour, la généalogie fut le sujet de nos échanges. Je racontais alors, que je m’adonnais à cette recherche du « d’où vient-on », depuis une vingtaine d’années. J’avais découvert, par exemple, que l’une de mes grands-mères n’était pas ma grand-mère, généalogiquement parlant, mais qu’elle était bien la grand-mère de cœur de la famille…Oui… mais pour moi, ma généalogie s’arrête à mon père me répondit Alex. Quelques temps après, le sujet généalogie, revint dans nos conversations… A partir d’un rien, d’une carte postale, du livret de famille, d’une photo, d’une lettre… on peut remonter le fil… lui dis-je.Quelques mois après, Alex revint me voir avec un grand sac plastique, à la main.  « Je suis entré en possession de cet album ancien de cartes postales, je ne connais pas les gens… Je ne sais pas si tu peux faire quelque chose à partir de ça… »Je m’engageais alors, bien imprudemment, à établir le lien entre cet album et lui, Alex, et  à réaliser, pour partie au moins, sa généalogie familiale. Je disposais de bien peu d’indices et de pistes pour débuter l’aventure :Le père d’Alex, avait été musicien, il était mort jeune. Ses grands-parents paternels avaient habité La Pyramide à la jonction de Trélazé et des Ponts de Cé. Son père se prénommait Georges et son grand-père également. Et, il y avait l’album de cartes postales… toutes adressées à Monsieur et Madame Ménard, cantonnier à Thouarcé hormis quelques unes, disposées à la fin de l’album, ayant pour destinataires ses grands-parents puis Madame Charron et son fils habitant la Pyramide.Alex étant né en 1961, je partis sur la piste d’un Georges Charron né dans les années 30 dont le père Georges Charron serait né lui au début du XXème siècle, tous les deux nés à Trélazé, aux Ponts de Cé ou dans les communes alentour… Je ferais ensuite la jonction avec l’album…Plusieurs Georges Charron correspondaient à ses critères suite à mes recherches sur Généanet, Filae, l’Agena (l’Association Généalogique de l’Anjou) et les Archives Départementales du Maine-et-Loire.Je cru vraiment tenir la bonne piste avec Georges Adolphe Victor Charron né en 1899 à Sainte Gemmes sur Loire dont le fils  se prénommait Georges… Mais, ça ne collait pas… Il fallait repartir de l’album… Que contenait-il vraiment ?  A quelle époque ces cartes postales avaient-elles été écrites et par qui ? Qui étaient donc, ces Monsieur et Madame Ménard, cantonnier à Thouarcé ?

L’album de cartes postales d’Alex Lire la suite »

Naissance de la Petite Eglise

Le concordat de 1801

La Révolution en tentant d’instaurer un culte constitutionnel n’avait réussi qu’à diviser la population autour de différents cultes : constitutionnel, réfractaire et même républicain…

Pour bon nombre de vendéens, les prêtres qui avaient prêtés serment à la constitution civile du clergé étaient des prêtres jureurs et imposteurs et leurs bons prêtres (ceux qui n’avaient pas prêté serment) étaient pour les révolutionnaires des insermentés ou réfractaires et à ce titre devaient être fusillés ou déportés.

Monument érigé en hommage aux prêtres déportés ou décédés avant leur déportation, église de Saint Martin de Ré, Collection personnelle

Napoléon espérait apporter avec la paix religieuse un terme à la guerre civile qui divisait le pays depuis 1793, en particulier en Vendée militaire. Le 29 novembre 1799 : « Les prêtres ayant prêté tous les serments, ceux ayant abdiqué leur sacerdoce et ceux qui se sont mariés sont exemptés de la déportation. » Le 28 décembre 1799 : « Les églises sont restituées aux citoyens, l’obligation de les maintenir fermées est annulée, l’autorisation de les ouvrir le dimanche est donnée et tout ecclésiastique ayant prêté serment de fidélité à la constitution nouvelle est autorisé à célébrer le culte. » (1)

Napoléon signe en 1801, un Concordat qui met fin à l’anarchie qui règne depuis la Révolution dans l’Église de France, partagée entre prêtres constitutionnels et prêtres insermentés ou réfractaires.

Le pape Pie VII reconnaît la République française et le gouvernement reconnaît le catholicisme comme la religion « de la grande majorité des français ». Le Saint siège laisse à Napoléon la possibilité de nommer lui-même les évêques et archevêques qui devront prêter serment de fidélité au gouvernement établi. On procède également à une nouvelle distribution des diocèses.

Le clergé réfractaire

Les dispositions du Concordat promulguées en avril 1802 sont inacceptables par un certain nombre d’évêques dont Mgr de Coucy, évêque de La Rochelle (1789 – 1801) qui s’exile en Espagne. Il dénonce entre autres, par l’intermédiaire de son vicaire l’abbé Brion, curé de Cirières (entre Cerizay et Bressuire) :

  • L’intégration des curés et évêques constitutionnels,
  • L’abandon des fêtes religieuses d’obligation (fêtes chômées d’avant la Révolution qui passent d’une trentaine à quatre)
  • L’autorisation de donner la bénédiction nuptiale qu’après avoir contracté le mariage civil à la Mairie,
  • L’allégeance des curés prêtée au préfet
  • Les biens nationaux qui sont conservés par leurs acquéreurs…

L’idée que la Religion était « changée » se répand alors rapidement dans le Bocage qui passe sous l’autorité de l’évêque de Poitiers selon les nouvelles dispositions concordataires. Le clergé réfractaire et ses fidèles s’enfoncent résolument dans l’opposition. Des communautés de dissidents se localisent dans les cantons de Cerizay, Bressuire, Moncoutant, Mauléon, Argenton-Château mais aussi dans une moindre mesure dans les Mauges. (2)

Les dissidents, tel qu’ils s’appellent eux-mêmes, sont différents des catholiques car ils pratiquent un culte tel qu’il existait avant la Révolution mais cette distinction se retrouvait également dans la vie sociale, culturelle et politique. L’opposition aux concordataires comme l’esprit communautaire étaient forts. Le groupe exerçait des pressions sur ceux qui voulaient quitter ses rangs, assimilés à des traîtres. Les mariages, les fêtes, les loisirs, le travail, les achats, les locations de fermes se faisaient au sein du groupe.

Le fonctionnement du culte

  • les cérémonies religieuses : le culte se pratique dans les chapelles pour ce qui est des cérémonies de groupe mais il est possible de les faire chez soi en famille dans les maisons particulières. Il se prépare sans consécration d’hosties. Le responsable de la communauté se place à côté de l’autel, lit la messe en latin d’après l’ancien rituel. Elle dure environ 2 heures. Les dissidents suivent la messe le dimanche et célèbrent toutes les fêtes supprimées lors du Concordat. La Fête-Dieu en l’honneur du Saint sacrement est particulièrement respectée. Ils respectent rigoureusement le jeûne durant le Carême. La rigueur vestimentaire lors des cérémonies est imposée. À l’image de la Vierge pour laquelle les dissidents vouent un culte particulier, et qui portait un voile, les femmes n’entrent dans une chapelle qu’avec la tête couverte. Pour tous, il est interdit d’être jambes et bras nus. La séparation sexuelle est toujours de mise dans la chapelle.
  • le baptême est le seul vrai sacrement donné par le responsable de la communauté.
  • le mariage : seuls les mariés, leurs parents et les témoins pénètrent dans la sacristie pour échanger leurs consentements devant le responsable.
  • la confession se fait directement à Dieu et les dissidents s’imposent eux-mêmes la pénitence.
  • le catéchisme : le jeune dissident apprend les principes de sa religion à l’occasion du catéchisme à partir du « Petit catéchisme du diocèse de la Rochelle d’avant 1789 ». Il dure environ un mois avant la communion durant lequel les enfants ne fréquentent plus l’école. La communion a lieu le jeudi de la Fête-Dieu.
  • les enterrements : dans les communes où la communauté dissidente est importante, le cimetière est divisé entre deux parties : une pour les catholiques et l’autre pour les dissidents. Les tombes ne sont pas orientées de la même façon, celles des dissidents sont tournées vers l’ouest. (3)

______________________________________________________________________________

  1. Augris Christelle, La Petite Eglise dans l’Ouest, réaction Vendéenne au Concordat, Journée historique de Legé, 30 juin 2001
  2. Histoire et patrimoine du Bressuirais : Rouger Jany, Neveu Jean-Louis, La Petite Église, deux siècles de dissidence, Parthenay, Ed. UPCP/Geste Paysanne, 1987, p 115 et Paineau Pascal, Vendée : les derniers survivants de la Petite Église, L’Histoire, N°169, p. 68-71.
  3. Billaud Auguste, La Petite Eglise dans la Vendée et les Deux Sèvres, Nouvelles Editions Latines, 1982

Naissance de la Petite Eglise Lire la suite »

Conditions de vie des femmes de ma famille 1750-1800

La majorité

La majorité avait été fixée par l’édit royal de février 1556 qui stipulait que les garçons jusqu’à 30 ans, et les filles jusqu’à 25 ans, ne pouvaient se marier sans le consentement de leurs parents ou de leurs ascendants. Au-dessus de ces âges, les futurs époux devaient toujours requérir le consentement par des « sommations respectueuses ». Deux étaient exigées avant de pouvoir passer outre à un refus.
L’ordonnance de Blois de 1579 décidait que tout curé qui célébrait un mariage sans le consentement des familles des futurs époux pouvait être puni pour le crime de rapt, ayant consacré une union « clandestine ». Une déclaration de 1639 privait de leurs droits successoraux les enfants qui s’étaient unis par un tel mariage.

Etude des conditions de vie de mes ancêtres

Sur les 77 femmes prises en compte pour l’analyse statistique, 41 ont moins de 25 ans soit 53%. Ce qui explique que dans de très nombreux actes de mariages, il est indiqué : « fille mineure de… ». De même pour les garçons qui devaient eux avoir 30 ans.

Mortalité prématurée

Le rôle assigné aux femmes pour assurer la continuité sociale, avoir de nombreux enfants, se conjugue à de mauvaises conditions sanitaires, entrainant une mortalité prématurée des femmes. Cette situation est illustrée par les exemples trouvés dans l’étude de la vie de mes ancêtres :

Les trois épouses de Pierre Cochard 1723 -1796
1ère épouse : Marie Madeleine GOUPIL
Elle donne naissance à 8 enfants en 17 ans
Elle décède à 40 ans des suites de son dernier accouchement
2ème épouse : Marie Jeanne AUGEREAU
Elle a 4 enfants en 6 ans
Elle décède 3 ans après la naissance de son dernier enfant à l’âge de 30 ans
3ème épouse : Mathurine CHARBONNIER
Elle a 28 ans quand elle se marie avec Pierre Cochard qui en a 52
Elle va avoir 6 enfants en 15 ans
Elle décède à 43 ans des suites de son dernier accouchement

Les deux épouses de François Cochard 1748-1823
1ère épouse : Marie VIGNEAU
Elle donne naissance à 3 enfants en 13 ans de mariage
Elle décède à 33 ans quelques mois après son dernier accouchement
2ème épouse : Marie CHAPEAU
Elle a 8 enfants en 9 ans
Elle sera mariée 40 ans et décédera à l’âge de 62 ans

Les deux épouses de Joseph Gellé 1714-1788
1ère épouse : Perrine METAIS
Elle donne naissance à 4 enfants en 12 ans de mariage
Elle décède à 45 ans des suites de son dernier accouchement
2ème épouse : Marie CIVRAIS
Elle a 4 enfants en 7 ans
Elle sera mariée 26 ans et décédera à l’âge de 56 ans

Les trois épouses de Joseph Gellé 1755-1809
1ère épouse : Marie Rose BEVILLE
Elle donne naissance à 6 enfants en 9 ans
Elle décède à 34 ans des suites de son dernier accouchement
2ème épouse : Marie SAUVESTRE
Elle se marie à 33 ans et décède 2 ans plus tard sans avoir eu d’enfant
3ème épouse : Marie CHALON
Elle se marie à 34 ans
Elle va avoir 2 enfants en 3 ans
Elle décède à 62 ans après 28 ans de mariage

Une mortalité infantile forte, une mortalité féminine surreprésentée dans les tranches d’âge de 25 à 45 ans.

Sur les 273 décès pris en compte pour l’analyse statistique, 29 ont lieu entre 0 et 4 ans soit 10,6% de l’échantillon, 4 entre 5 et 9 ans, 8 entre 10 et 14 ans, 2 entre 15 et 19 ans, 6 entre 20 et 24 ans, 49 décès interviennent avant l’âge de 25 ans soit 18% de l’échantillon.
La mortalité féminine est surreprésentée dans les tranches d’âge de 25 à 45 ans, très probablement pour les raisons évoquées précédemment, le décès suite à un accouchement.

Conditions de vie des femmes de ma famille 1750-1800 Lire la suite »

Ken Follett – La trilogie du siècle

Ken Follett, né le 5 juin 1949 à Cardiff, est un écrivain spécialisé dans les romans d’espionnage et les romans historiques.

Fresque historique tout autant que saga familiale, les plus de 3 000 pages de sa Trilogie du Siècle nous font parcourir la majeure partie du XXème siècle de février 1914 à novembre 1989. Les familles vont traverser le tumulte des troubles sociaux, politiques et économiques de ce siècle. Les personnages de fiction se mêlent aux personnages réels de façon très crédible sans entamer la vérité historique.

La trilogie du Siècle

Tome 1 :
La Chute des géants

A la veille de la guerre de 1914-1918, les grandes puissances vivent leurs derniers moments d’insouciance. Bientôt la violence va déferler sur le monde. De l’Europe aux États-Unis, du fond des mines du pays de Galles aux antichambres du pouvoir soviétique, en passant par les tranchées de la Somme, cinq familles vont se croiser, s’unir, se déchirer. Passions contrariées, jeux politiques et trahisons… Cette fresque magistrale explore toute la gamme des sentiments à travers le destin de personnages exceptionnels… Billy et Ethel Williams, Lady Maud Fitzherbert, Walter von Ulrich, Gus Dewar, Grigori et Lev Pechkov vont braver les obstacles et les peurs pour s’aimer, pour survivre, pour tenter de changer le cours du monde. Entre saga historique et roman d’espionnage, intrigues amoureuses et lutte des classes, ce premier volet du Siècle, qui embrasse dix ans d’histoire, raconte une vertigineuse épopée où l’aventure et le suspense rencontrent le souffle de l’Histoire…

Tome 2 :
L’Hiver du monde

1933, Hitler s’apprête à prendre le pouvoir. L’Allemagne entame les heures les plus sombres de son histoire et va entraîner le monde entier dans la barbarie et la destruction. Les cinq familles dont nous avons fait la connaissance dans La Chute des géants vont être emportées par le tourbillon de la Seconde Guerre mondiale. Amours contrariées, douloureux secrets, tragédies, coups du sort… Des salons du Yacht-Club de Buffalo à Pearl Harbor bombardé, des sentiers des Pyrénées espagnoles à Londres sous le Blitz, de Moscou en pleine évacuation à Berlin en ruines, Boy Fitzherbert, Carla von Ulrich, Lloyd Williams, Daisy Pechkov, Gus Dewar et les autres tenteront de faire face au milieu du chaos. Entre épopée historique et roman d’espionnage, histoire d’amour et thriller politique, ce deuxième volet de la magistrale trilogie du Siècle brosse une fresque inoubliable.

Tome 3 :
Aux portes de l’éternité

1961. Les Allemands de l’Est ferment l’accès à Berlin-Ouest. La tension entre États-Unis et Union soviétique s’exacerbe. Le monde se scinde en deux blocs. Confrontées à toutes les tragédies de la fin du xxe siècle, plusieurs familles – polonaise, russe, allemande, américaine et anglaise – sont emportées dans le tumulte de ces immenses troubles sociaux, politiques et économiques. Chacun de leurs membres devra se battre et participera, à sa manière, à la formidable révolution en marche.

Ken Follett – La trilogie du siècle Lire la suite »

Peter May – Trilogie écossaise


Écrivain écossais, Peter May, né à Glasgow en 1951, habite depuis une dizaine d’années dans le Lot. Il a d’abord été journaliste avant de devenir l’un des plus brillants et prolifiques scénaristes de la télévision écossaise. Il y a quelques années, Peter May a décidé de quitter le monde de la télévision pour se consacrer à l’écriture de ses romans. Le Rouergue a publié sa série chinoise avant d’éditer la trilogie écossaise (parue d’abord dans sa traduction française avant d’être publiée, avec un immense succès, en anglais).

L’ile des chasseurs d’oiseaux

L’inspecteur Fin McLeod, meurtri par la disparition de son fils unique, est de retour sur son île natale, où un homme vient d’être assassiné. Là, chaque année, une douzaine d’hommes partent en expédition à plusieurs heures de navigation pour tuer des oiseaux nicheurs. Sur fond de traditions ancestrales d’une cruauté absolue, Peter May nous plonge au coeur de l’histoire personnelle d’un enquêteur en rupture de ban avec son passé.

L’homme de Lewis

On découvre le cadavre d’un jeune homme, miraculeusement préservé par la tourbière. Les analyses ADN relient le corps à Tormod Macdonald, le père de Marsaili, l’amour de jeunesse de Fin McLeod, et font de celui-ci le suspect n°1. C’est une course contre la montre qui s’engage alors pour découvrir la vérité : l’inspecteur principal est attendu sur l’île pour mener l’enquête et il n’épargnera pas le vieil homme, atteint de la maladie d’Alzheimer.

Le braconnier du lac perdu

Whistler était le plus brillant des amis de Fin. Le plus loyal. Par deux fois, il lui a sauvé la vie. Promis au plus bel avenir, il a pourtant refusé de quitter l’île où il vit aujourd’hui comme un vagabond. Sauvage. Asocial. Privé de la garde de sa fille unique. Or voici que Fin doit prendre en chasse les braconniers qui pillent les eaux sauvages de Lewis. Et Whistler est, d’entre tous, le plus redoutable des braconniers.

Peter May – Trilogie écossaise Lire la suite »

Retour en haut