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Pierre Sallot dit Casque de Fer Episode 4 : Le décès de sa fille Marguerite

Article paru dans La Petite Gironde Journal Républicain Quotidien Bordeaux 11 mars 1885

Découverte d’un Cadavre à Cenon.

A l’extrémité de la rue de la Benauge et au premier passage à niveau de la voie ferrée qui relie la gare du chemin de fer du Midi à celle du chemin de fer d’Orléans, se trouve le chemin de l’Eglise. Ce chemin longe, sur la partie gauche, la voie ferrée ; il est bordé par un fossé rempli d’eau, et dont la largeur varie de 1mètre 50 à 7 mètres.

Ce chemin forme la limite de la commune de Bordeaux d’une part, et celle de La Bastide de l’autre. C’est sur ce point que s’arrêtent fréquemment les bohémiens, saltimbanques, etc, qui voyagent dans ces véhicules délabres que traînent des chevaux étiques.

C’est sur le bord de ce chemin que le nommé Jean Zerby, âgé quarante-cinq ans, colporteur et chanteur ambulant, originaire d’Angers (Maine-et-Loire), avait arrêté, il y a deux ou trois jours, sa cabane roulante, attelée d’un vieux bourriquet aux flancs décharnés.

Hier, vers midi, Zerby se souvenant qu’il avait à Bordeaux, rue Vareilhes, une connaissance, la nommée Marguerite Soubier, âgée de vingt ans, se rendit à son domicile ; il frappa et Marguerite vint ouvrir la porte. Zerby offrit de payer un litre qui fut bientôt suivi d’un second. Puis, il invita la jeune femme à l’accompagner à sa voiture.

La proposition fut acceptée. Avant d’arriver à la barrière de la Benauge, le couple fit plusieurs haltes dans les débits, si bien que Zerby et sa compagne pouvaient â peine se traîner. Plusieurs cris, ainsi que l’a déclaré un passant, M. Vallet fils aîné, peintre,

148, rue du Patis-Gallien, la fille Soubier est tombée à genoux sur l’avenue Thiers.

Ce n’est que vers cinq heures environ que le couple aviné arriva au chemin de l’Eglise, où était le véhicule de Zerby.

Malgré son état d’ivresse, la fille Soubier demanda à boire. Zerby se rendit à l’auberge de l’Ecluse, à l’angle de la rue de la Benauge, et y prit deux litres de vin, qu’il apporta à son logis. Le liquide fut absorbé et le couple s’endormit.

Dans la soirée, vers dix heures et demie ou onze heures, un bohémien, dont la voiture était à quelques mètres seulement de celle de Zerby, entendit le bruit d’une dispute dans la maison roulante.

Il se leva, écouta quelques instants, et entendit distinctement ces mots : « Laissez-moi tranquille ! » Il n’y attacha pas d’autre importance et se recoucha.

Or, ce matin, vers six heures, un passant découvrait à trois cents mètres environ du véhicule de Zerby, dans le fossé qui borde le chemin de l’Eglise, le cadavre d’une femme, il continua sa route afin d’aviser les autorités locales de sa découverte.

Quelques instants plus tard Zerby, de son côté, se présentait au bureau de l’octroi de la barrière de la Benauge et informait I’employé, M. Cavarroc, qu’il venait d’apercevoir dans un fossé rempli d’eau le cadavre d’une femme.

M. Cavarroc se rendit avec Zerby à l’endroit indiqué. Le cadavre était tourné, la face dans l’eau, les bras à moitié allongés, les pieds et jambes nus. Il n’était vêtu que d’un jupon en calicot à raies noires et blanches et d’un caraco en laine noire.

M. Cavarroc avisa immédiatement, par le téléphone le poste de la Permanence de ce qu’il venait de voir ;

Vers huit heures, M. Jean Flamand, garde ligne de chemin de fer, et un autre employé relevèrent le cadavre et le placèrent sur le bord du fossé.

M. Gonthier, adjoint au maire de Cenon, assisté de M. le docteur Gautier, de La Bastide, avisé de cette découverte se rendit sur les lieux ; il informa le parquet et procéda aux premières constatations, de concert avec le brigadier de gendarmerie de Lormont, qu’on ou avait fait prévenir. Quant à Zerby, il était conduit à Bordeaux, au petit parquet, où il était interrogé par M. Bruno-Lacombe, substitut de M. le procureur de la République.

La mort de cette femme, qui avait été reconnue pour être Marguerite Soubier était-elle le résultat d’un suicide, d’un accident ou d’un crime ? C’est ce qu’on ignore encore à l’heure actuelle.

A deux heures, M. de Lioncourt juge d’instruction ; M. Lassent, substitut dé M. le procureur de la République ; M. Mâchât, commis-greffier, et M. le docteur Laforgue, médecin-légiste, se sont rendus chemin de l’Eglise où ils ont examiné l’état des lieux. En même temps qu’eux, arrivait, sous l’escorte du brigadier de gendarmerie Lièvre et du gendarme Boudet, Zerby, dont l’arrestation avait été ordonnée. Interrogé, Zerby a reconnu tous les faits que nous avons rapportés, il lorsque a raconté que la nuit dernière, vers onze heures et demie il s’était réveillé, il n’avait plus vu la fille Soubier à ses côtes, qu’il s’était levé, l’avait cherchée sur le chemin, et que ne la voyant pas (la nuit était très obscure), il était revenu se coucher dans sa charrette.

Il a ajouté que ce matin à son réveil, il avait recommencé ses recherches et qu’il était arrivé bientôt à l’endroit où il avait retrouvé le cadavre.

Zerby affirme que la fille Soubier était dans un état complet d’ivresse, il croit qu’elle est accidentellement tombée dans le fossé. Il affirme être complètement étranger à sa mort.

Dans la perquisition faite parmi les guenilles qui étaient dans la charrette de Zerby, on a retrouvé les souliers, les bas et la robe de la défunte. Zerby est, comme nous l’avons déjà dit, un homme de quarante-cinq ans ; il est vêtu de haillons ; il a un bras atrophié.

En montrant aux magistrats instructeurs les deux bouteilles qu’il avait vidées la veille, il s’aperçoit qu’il reste encore au fond de l’une d’elles un quart de verre de vin. Ne laissons rien perdre, dit-il, et il ingorgite les quelques gouttes de vin restant dans le flacon.

A quatre heures, le cadavre de la fille Soubier a été porté à la Morgue, où il a été soumis à l’examen de M. le docteur Lafargue. Avant de procéder à cette opération, trois voisines de la défunte sont venues reconnaître son identité.

Il résulte de l’autopsie, que le corps ne portait aucune trace de violence ; on remarque une légère ecchymose au genou droit provenant sans doute des chutes que la fille avait faites hier sur l’avenue Thiers.

L’estomac ne contenait aucune espèce d’aliment ; quelques gouttes seulement d’un liquide blanc, probablement l’eau absorbée dans la submersion qui, d’après l’autopsie, a été la cause de la mort. Les magistrats, de leur côté, ont continué leur enquête jusque vers six heures, et sont rentrés au parquet. Plusieurs témoins seront entendus demain, jusqu’à nouvel informé. Zerby sera maintenu en état d’arrestation, il a été écroué ce soir au fort du Hâ.

Pendant toute la journée, une foule considérable de curieux n’a cessé de stationner au passage à niveau du chemin de fer. L’attelage de Zerby a été mis en fourrière.

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Article paru dans La Petite Gironde Journal Républicain Quotidien Bordeaux 12 mars 1885

Le Cadavre de Cenon

Dans notre numéro d’hier, nous avons parlé de la découverte du cadavre d’une jeune fille de dix-neuf ans que nous avons appelée à tort Marguerite Soubier. En poursuivant l’enquête, on a appris que ce nom est celui de sa grand-mère maternelle.

La défunte se nomme Marguerite Sallot. Ce nom eut un certain retentissement en 1867 dans l’Ariège, dans tout le Midi de la France et jusqu’à Paris, au moment de l’Exposition. C’est celui de ce dentiste nomade connu sous les sobriquets de « Casque de Fer, de l’Homme à la Tête de Mort », etc.

Pierre Sallot fut traduit devant la cour d’assises de l’Ariège en 1867 comme complice d’un quadruple assassinat commis en février 1864 sur les personnes de Mr Bugad de Lassalle et du ses domestiques, au château de La-Bastide-Besplas. Jacques Latour, l’auteur principal, fut condamné à mort et exécuté à Foix ; Audouv, dit l’Hercule fut condamné à la peine des travaux forcés à perpétuité, et envoyé à Cayenne où il mourut deux ans après.

A fa fin de 1866, une instruction fut ouverte contre Pierre Sallot, qui en juillet 1867 (audiences des 22, 23, 24, 25), fut reconnu non coupable par le jury de l’Ariège et acquitté.

Marguerite Sallot était la fille de Casque de Fer, elle était né à Orthez (Basse-Pyrénées) vers 1865, et habitait avec sa tante (la soeur de son père), qui exerce la profession de portanière, une chambre rue Vareilhes 11, quartier Mériadeck.

Pierre Sallot exerce toujours sa profession de dentiste nomade ; il voyage avec sa femme dans une maison roulante.

Le 21 février dernier, il se trouvait à Saint-André de-Cubzac ; de là, il s’est rendu à Bourg, où il devait faire un séjour de quelque durée.

L’identité de la fille Marguerite Sallot et celle de sa famille a été parfaitement établie hier par M. Lièvre, brigadier de gendarmerie, et par le gendarme Boudet, qui, après avoir reconduit Jean Zerby, le chanteur ambulant, l’assassin supposé de Marguerite Sallot se sont rendus rue Vareilhes, 11, pour prendre quelques renseignements sur la fille Marguerite Sallot.

l.es deux gendarmes ont entendu trois témoins, à savoir :

1° Marie Farguet, rue Rougier, 41 a déclaré avoir lundi dernier dans le débit du sieur Chariot, rue Rougier, la fille Marguerite en compagnie du nommé Zerby, qui lui a dit tout haut qu’il venait la chercher pour voir ses parents, arrivés récemment à La Bastide.

2° Henri Caille, 15 ans, rue Lambert, 41 a vu Zerby et Marguerite buvant ensemble lundi dans la chambre de cette fille.

3° Marguerite Sallot, âgée de cinquante ans, portanière, rue Vareilhes, 11, a déclaré que lundi soir, vers neuf heures, en rentrant chez elle, on lui a appris qu’un individu coiffé d’un chapeau en feutre gris, et vêtu d’une grande blouse bleue presque en loques, était venu chercher sa nièce dans l’après-midi en lui donnant pour prétexte que ses parents venaient d’arriver à Bordeaux.

La femme Marguerite Sallot a remis au brigadier Lièvre une lettre écrite sur papier violet, datée de Saint-André de-Cubzac, le 25 février, qui lui avait été adressée par son frère. Cette lettre, dont nous respectons l’orthographe, est ainsi conçue :

Cher sœur et chère fille,
Je vous écrit ces quelque lignes pour vous donner de nos nouvelles. Tu me dira sur la prochaine lettre que tu m’enverra si le vieux c’est présenté pour rentré dans la famille. Il ne faut pas l’accepté. Je voudrais bien vous recommander d’aller le moins possible dans la cour de la bastide pour évités les mauvaise compagnie.
Je vous salue.
Sallot.
Réponse à Bourg poste restante de suite.

Cette lettre a été remise cette après-midi à M. de Lioncourt, juge d’instruction.

Parmi les témoins entendus cette après-midi par le magistrat instructeur, signalons l’Italien Jean Lobri dont la voiture se trouvait à côte de celle de Zerby.

Ce témoin affirme que ainsi que nous le disions hier, il s’est levé dans la nuit de mardi, vers onze heures et a entendu le bruit d’une altercation assez vive il ans la voiture de Zerby; mais, supposant que c’était une querelle de ménage, il s’est recouché.

Jean Zerbv, interrogé à son tour, nie absolument.

La tante de la défunte sera entendue vendredi prochain. Pierre Sallot est également cité, afin de savoir si dans sa lettre, en recommandant à sa fille « de ne pas accepter le vieux » il voulait désigner Zerby.

On lui demandera aussi dans quel but il lui faisait cette recommandation.

Acte de décès de Marguerite Sallot le 11 mars 1885 à Cenon

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Pierre Sallot dit Casque de Fer Episode 3 : Après l’acquittement

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Pierre Sallot dit Casque de Fer Episode 2 : L’affaire de Labastide-Besplas

Le 26 février 1864, plonge les Ariégeois dans la terreur. Dans la nuit qui a précédé, Alexandre Bugad de Lassalle, riche hobereau, Jean Lacanal, son domestique et cocher, Pélagie Bicheyre, sa bonne et gouvernante et Raymonde Bergé, sa cuisinière sont massacrés à la hache dans son château de Baillard. Il s’agit d’un crime crapuleux, M. de Lassalle remplissait ses armoires et ses coffres de pièces d’or et de billets de banque.

La rumeur accuse très vite Jacques Latour, escroc, voleur, menteur, plusieurs fois condamné. L’horreur du crime nécessite un complice : François Audouy, dit l’Hercule. Autant le second est taciturne, autant le premier est un hâbleur et affabulateur. Par sa verve, il transforme la salle d’audience en salle de spectacle, il réplique, vitupère, injurie les témoins comme les jurés. Il fait peur et signe, de son cynisme et de son orgueil, son arrêt de mort. Le 12 septembre 1864, il est guillotiné sur la place publique à Foix et François Audouy est condamné aux travaux forcés. Aucun des deux n’a jamais avoué et un doute demeure encore sur l’identité réelle des assassins.

Ce procès fait partie des grandes affaires criminelles du XIXe siècle. Il a laissé un volumineux dossier d’enquête, des chansons, nombre d’articles de presse, locale, nationale et étrangère, un savoureux acte d’accusation, des dialogues en guise de comptes rendus d’assises, revisités par la prose élégante du poète Armand Praviel.

En novembre 1866, Pierre Sallot est arrêté, soupçonné d’être l’un des assassins ou pour le moins complice, il est emprisonné à Foix.

Le 10 mai 1867, Pierre Sallot est renvoyé devant la cour d’assises de l’Ariège.
Il est accusé de meurtre dans l’Affaire de la Bastide de Besplas.
Par arrêt de la chambre des mises en accusation de la cour impériale de Toulouse, rendu le 10 mai, le nommé Pierre Sallot, surnommé Casque- de-Fer, Lajombrie, Christ, etc, âgé de trente-sept ans, né à Naillac (Creuse), dentiste ambulant, a été renvoyé devant la cour d’assises de l’Ariège, comme accusé d’avoir participé, soit comme auteur, soit comme complice, aux quatre assassinats suivis de vol, qui furent commis, dans la nuit du 24 au 25 février 1864, au château de Baillard, commune de La Bastide de Besplas (Ariége).

Analyse argumentative du procès de Pierre Sallot dit « Casque de Fer » (1867)
Claude IA : Analyse argumentative / Dimanche 3 mai 2026 23h22

1. Contexte et enjeux du texte

Le document PDF ci-dessus est un compte rendu judiciaire publié dans la Gazette des Tribunaux, relatant le procès de Pierre Sallot, accusé de complicité dans le quadruple meurtre du château de Labastide-Besplas (1864). Le texte est donc à la fois un récit journalistique et une retranscription d’un débat contradictoire. L’argumentation y est double : celle de l’accusation contre Sallot, et celle de la défense.

2. La thèse de l’accusation

Thèse principale

Pierre Sallot est un complice actif des meurtres, ayant participé à leur préparation et peut-être à leur exécution.

Arguments avancés

a) Des relations prouvées avec les condamnés
L’accusation s’appuie sur de nombreux témoins affirmant avoir vu Sallot en compagnie d’Audouy et de Latour dans les semaines précédant le crime, notamment à Rimont, Montesquieu-Volvestre et aux Bordes. Ces rencontres répétées établissent une complicité de fait.

b) Des propos compromettants
La femme Monié témoigne que Sallot a publiquement déclaré que M. de Lassalle « mériterait un coup de fusil ». Ce propos, prononcé à proximité du château visé et en présence d’Audouy, est présenté comme une préméditation verbale. Le fait qu’Audouy ait cherché à interrompre la conversation renforce la charge, car cela suggère une conscience du danger.

c) Un alibi mensonger et fabriqué
C’est l’argument le plus développé. Sallot prétend avoir été à Tarbes les 24 et 25 février 1864, jour du crime. Or les registres d’aubergistes ne portent pas son nom, le voiturier Pierre Matelas affirme ne pas l’avoir transporté ce jour-là pour une raison précise (il ne voyage jamais la veille du grand marché), et le témoin Lestier, invoqué par Sallot, le contredit formellement. L’accusation en tire une conclusion logique : un alibi faux prouve l’intérêt à cacher la vérité, et donc la culpabilité.

d) Une disparition suspecte
Pendant près de trois ans après le crime, Sallot cesse de fréquenter les régions de l’Ariège et de la Haute-Garonne, où il travaillait habituellement. Il ne réapparaît qu’en octobre 1866. L’accusation interprète cette absence comme une fuite.

e) Des comportements révélateurs
Plusieurs témoins rapportent des propos de Sallot qui trahissent une conscience coupable : avant son arrestation, il aurait dit « les gendarmes vont venir m’assassiner » ou « on va me pendre ». Un saltimbanque l’aurait entendu déclarer qu’on ne pouvait prouver sa culpabilité car « à l’époque il n’était pas en France », ce qui contredit directement son alibi à Tarbes.

3. La thèse de la défense

Thèse principale

Sallot n’était pas sur les lieux du crime ; son alibi est vrai et les témoignages à charge sont soit erronés, soit suspects.

Arguments avancés

a) L’alibi de Tarbes
Sallot maintient obstinément qu’il se trouvait à Tarbes le jour du crime, en compagnie de Dasset et des époux Pergola. Il s’appuie sur le fait que Dasset confirme le prêt de 50 centimes pour un livret, preuve datée de sa présence. La défense invoque aussi les femmes transportées dans la voiture de Pierre Matelas, qui confirment la présence de Sallot.

b) La mise en doute des témoins à charge
Me Laborde relève systématiquement les imprécisions, contradictions et incohérences des témoins : certains confondent les dates (décembre vs février), d’autres ont une mémoire défaillante, d’autres encore reconnaissent avoir été « rafraîchis dans leurs souvenirs » par Pergola ou Dasset, ce qui fragilise l’ensemble de l’édifice testimonial.

c) La blessure à la jambe
L’accusation suggère que la trace de sang retrouvée après le crime correspond à une blessure de Sallot. Deux médecins de Saint-Gaudens estiment que la cicatrice pourrait remonter à deux ou trois ans. Mais le Dr Pujol, examinant Sallot à l’audience, et le Dr Estevenet de Toulouse concluent que la blessure est ancienne, remontant à une quinzaine d’années et faite par un instrument contondant, non tranchant. La défense retourne ainsi l’argument contre l’accusation.

d) Le caractère du personnage
Sallot se défend avec aplomb, ironie et une certaine élégance verbale. Il tourne certaines charges en dérision (sur les ours, les cymbales, le remède à 50 centimes) et revendique l’honnêteté de son métier. Cette attitude, bien que risquée, sert une stratégie de défense fondée sur la crédibilité personnelle.

4. Structure rhétorique du débat

Le texte met en scène une joute argumentative entre le président Villeneuve (qui oriente les débats clairement en faveur de l’accusation), le procureur Duteil, et l’accusé lui-même, dont la verve rappelle celle de Latour lors du premier procès.

Plusieurs procédés rhétoriques sont notables :

  • L’accumulation : l’accusation empile les témoignages, les dates, les lieux pour créer un effet d’évidence écrasante.
  • Le retournement : le président affirme que « tel est le danger de l’alibi : s’il ne sauve pas, il écrase », transformant la défense de Sallot en preuve supplémentaire contre lui.
  • La disqualification des témoins à décharge : Dasset est traité de « farceur », Pergola de « niais », les époux Pergola de témoins peu fiables, ce qui neutralise l’alibi avant même que le jury délibère.
  • L’ironie judiciaire : le président note sarcastiquement que Sallot « prouve qu’il a des qualités du dentiste bien connues chez tous » — soit le mensonge —, associant profession et duplicité.

5. Conclusion : une vérité indécidable

Malgré la force apparente des charges, le jury acquitte Sallot après seulement une demi-heure de délibération. Cet acquittement révèle la faiblesse ultime du dossier : tout repose sur des témoignages indirects, des présomptions et un faisceau d’indices, sans preuve matérielle directe reliant Sallot aux meurtres. Le texte lui-même, dès son introduction, souligne qu’un doute demeure sur l’identité réelle des assassins — et ce doute, in fine, profite à l’accusé.

Ce procès illustre ainsi une tension classique du droit pénal : la logique du faisceau de présomptions contre l’exigence de la preuve.

Pierre Sallot dit Casque de Fer Episode 2 : L’affaire de Labastide-Besplas Lire la suite »

Pierre Sallot dit Casque de Fer – Episode 1 : Chemins de vie

Pierre Sallot est né le 17 novembre 1829 à Naillat dans le département de la Creuse, en Limousin.

Naillat, Le Monteil - 2008 B 1183 - L'ancien moulin à huile du Monteil.
Naillat – Le Monteil – Ancien Moulin à huile – @ Pacquot Eglantine

C’est son grand-père Vincent Sallot qui déclare sa naissance. Il est cultivateur au Monteil, un village de la commune de Naillat. Il indique que sa fille Françoise, âgée de 32 ans, a donné naissance à un fils « naturel »…

Les témoins sont : Pierre Rodier, âgé de 43 ans, cultivateur au Monteil et François Boussardon, âgé de 56 ans, également, cultivateur au Monteil.

Un enfant que l’on prénomme Pierre en présence d’un témoin prénommé Pierre…
Nous ne pouvons rien présumé… Mais !!!

Le 22 août 1833 sa mère Françoise décède, Pierre se retrouve orphelin. Il n’a pas encore 4 ans.

C’est Pierre Rodier qui déclare le décès de Françoise Sallot, ce qui nous conforte dans l’idée que c’est lui le père de Pierre Sallot.

Pierre Sallot a-t-il été élevé par ses grands-parents Léonard Sallot et Marie Delait où bien par son père biologique (Pierre Rodier) et sa nouvelle famille (Marie Rateau et leur enfant commun Silvain) ?

En 1851, Pierre Sallot effectue son service militaire au 1er régiment de Hussards

Au mois de mars 1851, le régiment arrive à Niort, après vingt-sept jours de route, depuis Chartres, pour éviter les troubles qui persistent depuis les événements de 1848. Le 1er escadron fut, de suite, détaché sur Saintes, il devait être relevé six mois après, par le 2ème escadron.

Condamné pour bris d’un pistolet et vente d’un pantalon à 15 sous, Pierre Sallot est envoyé dans une compagnie de discipline à Mascara en Algérie. A quelle date ?

Combien de temps aura-t-il été militaire ? 5 à 7 ans, comme il était de coutume à l’époque ? Surtout si on était militaire suite à un remplacement. Lors du procès (cf épisode 2), Pierre Sallot dira qu’il a séjourné en Afrique. Evoque-t-il son séjour en Algérie, après avoir été envoyé en compagnie de disciple ?

En 1854, le Ier Hussards est basé à Carcassonne. Pour participer à la guerre de Crimée, une partie du régiment embarqua sur « l’Euphrate » à Marseille, le 12 juin 1854. Six cent quarante-sept sous-officiers et cavaliers, trente-quatre officiers et cinquante chevaux embarquèrent. Le détachement était parti de Carcassonne, neuf jours auparavant, sur l’air de « Bon voyage, cher Dumollet » joué par la musique du régiment. Pierre Sallot était-il du voyage ?

Comment et quand Pierre Sallot devient-il un personnage itinérant, qui vit en roulotte tirée par un âne ? Comment devient-il dentiste (arracheur de dents), vendeur d’onguents, d’élixirs, de paniers, bonimenteur, camelot, forain ?

Il se fait appeler Casque de fer (le casque est en cuivre et en cuir fabriqué par Pierre Sallot), Pilate, Lajombrie, Jésus-Christ. Il fait son commerce lors des foires et marchés. De haute stature, il porte un burnous doublé de rouge pour se faire remarquer et attirer le chaland.

Est-ce à son départ de l’armée qu’il se lance dans cette vie ? Comment atterrit-il dans le sud-ouest ? Suite au séjour du 1er Hussard à Carcassonne et probablement à Tarbes ?

Le 26 juillet 1864, Pierre Sallot se marie avec Marie Laubière à Orthez dans le département des Pyrénées-Atlantiques.

Pierre est âgé de 35 ans. Marie a 18 ans, elle vit seule avec sa mère. Son père Jean est décédé, l’année précédente, la veille de Noël, le 23 décembre 1863.

Le premier enfant de Pierre Sallot et de Marie Laubière : Marie Marguerite SALLOT, nait le 16 août 1865 à Orthez,

Le 2ème enfant du couple : Barthélémy Casimir SALLOT nait le 4 mars 1867 à Orthez

Le 10 mai 1867, dans l’attente de son procès, Pierre Sallot est accusé de meurtre ou pour le moins de complicité de meurtre dans l’affaire de la Bastide-Besplas.

Le procès a lieu du 22 au 25 juillet 1867 (cf épisode 2). A l’issue de celui-ci, Pierre Sallot est acquitté. (cf épisode 3)

Le 3ème enfant du couple : Joseph SALLOT nait le 9 novembre 1868 à Tarbes

Le 4ème enfant du couple : Eugéne Cécilien SALLOT nait le 13 juillet 1873 à Nogaro dans le département du Gers. Il est décédé à Saintes le 31 janvier 1916, à l’âge de 42 ans, ayant exercé comme colporteur.

Le 5ème enfant du couple : Julien SALLOT nait le 14 juin 1875 à Brive la Gaillarde

Le 6ème enfant du couple : Alfred SALLOT nait le 15 juillet 1880 à Royan

Les enfants sont nés au gré des déambulations de leurs parents : Orthez pour les deux premiers, puis Tarbes, Nogaro, Brive la Gaillarde et Royan.

Le 17 décembre 1901, Pierre Sallot décède seul, à l’Hospice Civil de Saintes, département de Charente-Maritime

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Caravane

La carte postale est ancienne
Cliché d’un désert de sable
De chaleur écrasé.

Le ciel sombre et effrayant
A probablement les couleurs
Rose – jaune du nuage qui s’annonce

Ce paysage de plis appliqués
Evoque le passé lointain des caravanes
Des trésors empilés sur les chameaux
Lourdement harnachés

Du meneur de l’armada
La figure et la présence
Dominent le paysage

Sa tête au centre de la photo
Eclaire la composition
De mystère
Suscitant crainte et attirance

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Nous n’avons pas su te dire au revoir

Nous n’avons pas su
Te dire au revoir.

Ta force, ton envie de vivre
Etaient telles
Que l’on t’a cru immortelle.

La sidération de ton départ
Nous a cueilli
A froid, sans réaction.

Nous n’avons pas su, pu
Venir te voir
Une dernière fois.

Nous ne parlions pas
De ton possible départ
C’était inenvisageable,
Inenvisagé.

Les dernières fois
Furent semblables aux autres
Pleine de retenue, de
Présence discrète, de
Générosité sensible
Comme d’habitude;

Tu savais, sans doute
Tu sentais l’inéluctable
Arriver

Tu n’en a rien dit
Rien faire percevoir
Ne pas importuner,
Inquiéter, déranger

Nous n’avons pas franchi
Le pas
Briser le silence
D’indifférence

La retenue
Qui était notre ciment
De relation
Fut le plus fort;

Nous n’avons pas su
Te dire
Combien tu nous manquerais
Combien tu nous manque

Nous n’avons pas fait l’effort
Nous ne nous sommes pas dépassés

Ne faire que le regretter
N’est pas suffisant

Impuissants à réparer
Nous ne pouvons que nous exhorter
A être vigilants
Pour ceux qui sont encore vivants

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Tripoteur de baguette magique

Je me suis laissé entrainer
A assister
A la conférence d’un géobiologue
Au salon Zen

Les ondes c’est catastrophique…
Les antennes-relais,
Les box internet,
Les micro-ondes…

Votre aura est diminuée,
Quand vous êtes sur un point géo-pathogène.
Ici, dans cette salle
Deux rivières souterraines
Se croisent.
Ne vous asseyez pas
Aux points G5 et H9,
Votre énergie en serait
Vraiment impactée.

Si les points géo-biologiques
Ne sont pas traités…
Votre espérance de vie
Va diminuer.
Cancer, infarctus, et d’autres maladies
Vont se déclarer.

Le réseau Hartmann est un treillis de carrés entrelacés
De « champs énergétiques » différents.
La pollution électrique,
Les activités modernes,
Les éoliennes géantes
Par exemple,
Perturbent le réseau.

Démonstration :
Baguette en main
Le géobiologue
Parcourt la salle.
Tous les deux mètres cinquante
Environ…
Sa baguette tourne
Et détecte le réseau Hartmann,
D’une épaisseur de 30 centimètres
Environ…

Je vous propose
Une expérience :
Revenons en 1740
Avant l’électricité…
Le géobiologue
Parcourt à nouveau la salle…
Le réseau Hartmann
Se découvre avec la baguette
Ou avec les mains
Ecart : 25 mètres
Environ…

J’ai effectué des formations :
En géobiologie druidique
En pouvoir elfique.
Je peux rétablir
La sérénité
Dans votre maison,
Dans cette salle.

J’utilise ce caillou
Au symbole breton druidique
Qui a l’inconvénient
De pouvoir être déplacé
De quelques millimètres
Lors de la tonte de votre pelouse.
Ou cette capsule
Qui parait moins crédible
J’en convient.
Mais qui empêche
Toute perturbation
A 120 mètres à la ronde.

« Les promesses n’engagent
Que ceux, qui y croient »

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Exposition du peintre Noriyoshi Ishigooka – septembre 1989

Septembre 1989 – Paris
Formation management
Logement et lieu de formation
Proches des Champs Elysées

Tout vouloir maîtriser
Tout savoir, mieux que tout le monde

Les retours visuels et verbaux
Sont impitoyables

L’ours mal léché
Imbu de lui-même
Est démasqué

Yasunari Kawabata :
Pays de neige,
Les belles endormies

Le Japon, par, je ne sais
Quel hasard
C’est insinué dans mon
Espace mental

Restaurant asiatique
Près des Champs…
Trop chic, trop, trop
Se révèle coréen
Des grillades, sans sushis

Une expo, d’un peintre japonais
Espace Pierre Cardin
Feutré

Des toiles immenses,
Colorées, extatiques
De soleils enrougis
Des oranges, jaunes, rouges
S’enfuient de la toile

L’univers livre ses éclats,
Ses doutes, ses enthousiasmes
Nostalgiques
Ses béances fulgurantes
Ses créations du monde incertaines

Sur une autre toile
Les bleus cobalt, les sombres
Les noirs de gris
S’expriment, s’étalent
Dominent, désirent
Espérant faire disparaitre
Cet éclat de lumière
Jaune lointain

Le peintre sur son trône-chaise
Apparait
Coiffé d’un immense chapeau
De cow-boys, de gauchos
De la pampa argentine

L’une de ses jeunes esclaves
Geishas-traductrices
Me fait signe d’approcher

Le maître souhaite recueillir
Mes ressentis-impressions

Je m’emmêle les pinceaux
J’essaie rapprochement-comparaison
Entre ses toiles
Et les endormies

La jeune japonaise traductrice
Ne comprend rien
A mes approximations

Elle exécute sa tâche :
Traduire ce que cet
Inculte blanc a bien pu
Vouloir dire

Le peintre prend l’air inspiré
De celui qui comprend
Qui apprécie

Un client cravaté
Veux, peut-être, lui acheter
Un tableau

Le malaise s’installe
Les univers d’égoïsme,
De solitudes
Sont trop éloignés

Je m’éloigne
En balbutiement d’excuses

La rencontre n’eut pas lieu

Noriyoshi Ishigooka – Biographie
1928 Nait à Otaru sur l’ile d’Hokkaïdo Japon
1941 Commence à peindre à l’huile sans aucune formation
1953 Vit à Tokyo
1954 Première exposition à Ichibankan-Ginza Tokyo
1978 Achète et vit au Château du Repas à Chênedouit dans l’Orne
1979 Président de l’association des artistes japonais Nihoten
1984 Exposition au Centre d’art de Ginza Tokyo
1987 Exposition à la galerie de la Banque mondiale à Washington
1989 Exposition à l’Espace Pierre Cardin Paris
2006 Vente du Château du Repas
2009 Décès

Exposition du peintre Noriyoshi Ishigooka – septembre 1989 Lire la suite »

Le ciel s’est mis à la fenêtre

Tout près, la truculence bruit
S’ébroue puis gronde.

La plage s’emplit de foules,
Les corps exhalent leurs odeurs
Les nudités s’exposent.

Le regard se porte au-delà,
Se fixe, sur l’horizon, au loin.
Que reste-t-il à découvrir ?

Le rose poudré du ciel,
Annonciateur de douceur
Est-il la promesse d’un meilleur à venir ?

Cet au-delà de l’océan
Porteur de rêves de grandeur
S’est entouré d’un halo de néant

Un besoin de quiétude paisible
S’empare d’elle
Avec force et vivacité

L’inquiétude daigne exprimer
Sa farouche volonté
D’impérieuses nuances.

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Le chant de l’arbre

Les racines de l’arbre
Sont le miroir du visible,
De la cime à la moindre branche.

Un mycorhize est en voie de constitution,
Le champignon et l’arbre ont décidé
De collaborer.

Le coopérateur souterrain s’étend ;
Antagonisme, repoussoir,
Attirances mutuelles.

L’éclat de l’érable du japon domine
Les cris silencieux du charme
Taillé en tête de chat.

Le pollen du saule blanc
Se mélange aux chatons du noisetier,
Aux pétales des fleurs de cerisier.

Les solitudes des arbres
Font groupe, font foule,
Font forêt.

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