Longs métrages

Retour à la vie, dans le Baugeois

Les paysans du coin, ont une gueule
De résistants de la dernière guerre
Dans leur costume du dimanche, étriqué

Les crins-crins résonnent dans le cœur des vieux
Quand la routine des en-avant deux
Fait de nouveau flamber leurs sabots.

Café, violon, mandoline, capeline et araire
C’est maintenant les gigues d’Irlande
Qui ouvrent les oreilles des jeunes paysannes.

Ils avaient transformé la cocarde de sainteté
En communes socialisées :
Saint Philbert du peuple, Cheviré le Rouge…

Mais les pins ont remplacé
Chênes et châtaigniers
Les vaches stabulent
Et les lapins granulent

Leur terre est piétinée
De tracteurs de cent chevaux
Les armées de Napoléon n’étaient rien
La terre est maintenant brulée
Par les technocrates champêtres

Des barbus, chevelus, marginaux
Ont envahi les lieux
Ils ambitionnent de faire revivre
Leur pays

Le retour à la terre
Qu’ils disent
Celle qu’ils ont, eux
Jamais quitté.

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Air froid

Les saules frissonnent,
C’est l’automne.
Le froid s’immisce,
Dans les interstices.

L’humidité s’insinue,
A perte de vue.
De grandes étendues s’imbibent
Jusqu’aux abîmes.

Bientôt, c’est le gel
Sur les demoiselles
Les paysages déserts
Du début d’hiver.

Immobile, froid, sec et glacé
L’air pur fait trembler
Les amoureux abonnés
De balades emmitouflées.

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Tombée de la nuit

Chaque brin se dessine,
Chaque toit se découpe,
Chaque arbre, en sa masse, se précise
Sombre clarté
De la tombée du jour.
Déjà, l’automne laisse deviner ses rouilles
Des lambeaux de nuages gris-rose se trainent
De l’horizon, dans une trouée de lumière
La chauve-souris surgit
Les grillons stridulent
Et c’est bientôt, la nuit.

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Randonnée avortée

Une brume ouateuse s’est répandue
Sur toute la surface bosselée
Au bord, une épaufrure est apparue
Il faut, choisir le chemin, se déterminer.

Emprunter le sentier des crêtes
Contourner les rochers, les arêtes
Côtoyer le ravin, le précipice
Danger que l’on dévisse.

Contourner par l’échancrure des plaines
Descendre jusqu’au lac, à peine
S’incruster, s’immiscer à travers la forêt
Puis se retrouver de l’autre côté, à peu près.

Nous en étions à ces tergiversations
Quand un élément détourna notre attention
L’orage grondait au loin
Pas d’abri, à ce point !

La pluie fit son apparition
Sans demander d’autorisation
Il nous fallait trouver
Au plus vite, une anfractuosité.

A la tombée du jour, nous sommes redescendus
Trempés, crottés, fatigués, fourbus
Nous aurions pu nous égarer, être perdus
Nous fûmes seulement déçus, par cette déconvenue.

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Jour de pleine lune

Le long de l’eau de la rivière
Galopent les chevaux couleur de pierre
La lune rousse, faune échevelée
Suis le cheval blanc dans son galop ailé

La gazelle alléchée par ces prouesses galantes
Se vautre et se fait plus aimante.
La mouche vibre à l’appel silencieux des notes
L’oiseau piaffe et la croque.

La forêt mugit pour faire entendre qu’elle proteste
Un souffle de vent pousse les nuages
La dame des hautes cimes enrage
Pliée sous son fardeau, elle part, sans un geste

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De l’autre côté des contreforts

Au cœur de la bambouseraie
Un village gris apparait.

Sur le toit de la maison commune
Nous sommes grimpés
En cinq colonnes, à la une
Nous nous sommes situés.

Nous sommes descendus
Au bout de la rue
Pour y trouver
Un peu d’hospitalité.

Nous avons fui
Les brumes du Nord
Traversé la chaine des puits
La montagne, les contreforts.

Nous nous sommes engagés
Sur un chemin escarpé
Nous y avons rencontré
Une horde de sangliers.

Nous l’avons aperçu, le mas
Tout au loin, en contrebas.

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