PhildeFaire

Embrigadement

Outrage aux embrigadés
Caricatures de ce qui est attendu
Raideur, rigueur et saluts
Par la hiérarchie et l’ordre, rassurés.

Tout ce qui n’est pas ordre
Est magouilles et coups tordus
Tout ce qui n’est pas nous
Est étrange, étranger et désordre.

Le thé à la menthe, ultra sucré
Offert par les porteurs
A, le charme et le parfum de l’ailleurs
Mais ne permet pas la découverte de l’altérité.

Sculpture, peinture et poésie
Voyages, convivialité et généalogie
N’effacent pas l’outrance du besoin d’ordre
Les relations se tendent jusqu’à la corde.

Le malaise s’installe
Autour de la table
Il est temps de quitter les lieux
Sur le pas de la porte ; les adieux.

Embrigadement Lire la suite »

Difficile rencontre

Tu es l’ouvrier d’un futur incertain
Prolo opprimant femme et enfants
Tu charpentes, tu maçonnes à tours de bras
La poussière étouffe ta gorge et tu bois

Ta civilisation c’est celle
Des bagarres de chantiers
Des histoires de motos et de nanas

La curiosité te surprend
Comme l’envie de te connaître
Face à l’initiative
Tu réponds, sur la défensive

Fout moi ton poing dans la gueule
On aura fait un pas !

Difficile rencontre Lire la suite »

De l’autre côté des contreforts

Au cœur de la bambouseraie
Un village gris apparait.

Sur le toit de la maison commune
Nous sommes grimpés
En cinq colonnes, à la une
Nous nous sommes situés.

Nous sommes descendus
Au bout de la rue
Pour y trouver
Un peu d’hospitalité.

Nous avons fui
Les brumes du Nord
Traversé la chaine des puits
La montagne, les contreforts.

Nous nous sommes engagés
Sur un chemin escarpé
Nous y avons rencontré
Une horde de sangliers.

Nous l’avons aperçu, le mas
Tout au loin, en contrebas.

De l’autre côté des contreforts Lire la suite »

Dans la maison endormie

Dans la maison toute endormie
Je me suis levé, sans bruit
Sans grand embarras
Ton souffle soulève les draps

Tu es cassée, pliée
Par quelque cauchemar
Derrière tes yeux clos
Tes jambes repliées
Avec retard
Laisse entrevoir le cahot

Allongée là, punie
Toute molle,
A ton école
Je me trouve pris.

Au ronflement de la cheminée
Tu as remué
Dans la maison endormie
De silence et de pluie.

Dans la maison endormie Lire la suite »

Corps à corps

Je joue,
Je jette,
J’éjacule,
Je détrousse, déserte et débourse.

A tes trousses, je me colle à tes basques
Et t’enlève tes frusques,
Fric frac, dans ta baraque
Je débarque et me démène
Sous tes cris, tes anathèmes.

Débride tes bribes
Que nos humeurs s’assassinent
Et retrouvent leurs racines.

Que notre vaisseau
De nos cris initiaux
S’échine et s’adonne
A des extases, se donne.

Corps à corps Lire la suite »

Cesser d’être conforme

A quoi bon ! encore et encore !
Ces gestes s’activent dans un espace que je ne saisis pas,
Ces bruits courent en dehors de moi.
Pourquoi ces yeux ne sont-ils que des yeux ?
La peur avec ironie s’empare de moi.

Cas 1, petit b, 3ème section : demi-tour droite !
Petits tiroirs, petites boites : logique !
Vendeurs de drogues, marchands d’armes, tueurs fous,
Dieux du volant, présidents de je ne sais quoi
Face à la grande planification-égalité.

Elle ne veut pas crever, la carne !
Elle veut, encore, piquer de l’air aux autres !
Elle veut… sa ration d’espoir !

Prends cette terre, mets-y tes oignons, ta sueur et ton espoir
Roule-toi dans l’herbe, nue, alors qu’il pleut à plein temps
Prends ces pierres et construits des immensités de labyrinthes aux couleurs bariolées
Prends le temps d’être inutile
Prends du temps avec les tiens : homme, femme, enfants
Maîtresses, amis, amours et amants

Allez crever les pneus des bagnoles des flics,
Allez arracher les galons des capitaines
Allez pisser sur le drapeau :
Bleu pissou, blanc sale et rouge sang

Arrachez les barrières ; il n’y a plus de trains qui passent
Il n’y a plus de trains qui partent
Vous avez le temps.

Ralentissez le pas… regardez l’eau qui coule… hé oui… elle coule…
Tiens… c’est foutu comme ça… ça… je n’avais jamais remarqué…
Psitt… viens voir un peu par là… viens voir de ce côté…

C’est agréable… de ralentir…
Laisse-toi faire… laisse toi aller…
Tu as bien quelque chose à offrir…
Un peu de toi, à donner…

Cesser d’être conforme Lire la suite »

Au château

Des enfants tombaient des toits des maisons, tout là-haut :
Un petit garçon en culottes courtes et pull marin rayé,
Quatre figures juchées sur des bicyclettes à la roue arrière de Grand-Bi,
Une fillette en robe à crinoline, très début de siècle.
Ils tombaient dans cette rue sombre, la rue du Musée, entre l’ancienne caserne des régiments du Roi et celle de l’ancien professeur.

L’esplanade était déserte, balayée par le froid qui bousculait quelques feuilles mortes.
La vallée du Thouet s’étalait en méandres de crue.
Soudain, des cris de courses, des cris de cartables entrechoqués, brisèrent la monotonie de la statue des combattants de 14-18, qui restèrent tout étonnés dans leur position défensive.
La demeure des Ducs de La Trémoïlle, de Marie de la Tour d’Auvergne, après avoir été prison était devenue Collège. La cour n’accueillait plus de carrosses mais des batailles de marrons à travers les flaques, des chahuts, des cris et des bosses.

Dans ce château, j’ai rêvé de dames courtisanes montées dans des calèches attelées de blancs chevaux, accompagnées de damoiseaux.
J’étais ce preux chevalier qui allait protéger toutes ces jeunes filles entre-aperçues.
Ou bien, je serai ce courageux maçon qui élèverait, ses enfants dans un petit logement de la basse ville.

Au château Lire la suite »

Anatole le griffu

Chat siamois tabby point
Anatole le griffu
Etait un excellent chasseur
Un rien dictateur.

A partir de 5 heure et demi
C’était son heure, à lui ;
Il appelait, griffait, tapotait,
Martelait, miaulait, quémandait.

Après le vermisseau,
Le mulot, le zoziau,
Voulait-il courir ?
Peut-être se nourrir ?

Que nenni, non point !
C’était d’un câlin
Du matin
Dont il avait besoin !

Anatole le griffu Lire la suite »

Retour en haut